C-Power: Jeunes Citoyens pour la Circularité

Sustainable Development Goal(s): Sustainable Cities and CommunitiesResponsible ConsumptionPartnerships for the goals

A quelle point l’économie circulaire est-elle inclusive? Pourquoi les workshops et bootcamps concernant l’économie circulaire rassemblent-ils majoritairement des jeunes blancs, diplômés, avec déjà des idées en matière de développement durable? Comment l’économie circulaire peut-elle concerner chaque citoyen?

Grâce au projet C-Power, la Plateforme ‘Platform voor de Samenlevingsdienst’ offre la possibilité à deux groupes de jeunes de découvrir l’économie circulaire et ensuite de réfléchir à la manière de lui donner forme. Sous forme d’asbl, cette plateforme rassemble plus de 300 organisations autour d’un objectif commun : la mise en place d’un service sociétal. Ce service est un programme qui offre l’opportunité à des jeunes de 18 à 25 ans de se consacrer pendant au moins 6 mois à temps plein à un projet solidaire, accompagné d’une formation sur des thèmes de citoyenneté. Les jeunes se voient octroyé un dédommagement symbolique, une assurance et une reconnaissance officielle.

La dimension sociale de l’économie circulaire

L’économie circulaire est encore trop peu connue en tant que pierre angulaire de la plateforme. Grâce au projet C-Power, la plateforme veut développer la dimension sociale de l’économie circulaire. La « dimension sociale » fait référence à l’implication de public cibles divers, moins évidents, comme les jeunes et les populations défavorisées. Les jeunes sont la force motrice du projet C-Power. A partir de leurs réalités et sous l’impulsion et avec le soutien d’académiciens comme Wendy Wuyts (membre de Generation T), de pionniers de l’économie circulaire et accompagnateurs pédagogiques de la plateforme, ils découvrent les différentes facettes de l’économie circulaire et s’y attèlent eux-mêmes. Ils écoutent, observent et inspirent à leur tour d’autres jeunes. Ensemble, ils forment le projet C-Power (C pour Circulaire et Citizen).

Premier workshop, premières réflexions.

Vendredi 15 février, la plateforme a organisé en collaboration avec le Green Office de la KU Leuven un premier workshop. Au cours de celui-ci, 14 jeunes ont été plongés dans le monde de l’économie circulaire et la lutte contre le gaspillage. Le groupe de jeunes était très varié : d’étudiants en gestion à des étudiants qui venaient d’arriver en Belgique.

Pas de power point mais bien une méthode interactive, ludique et visuelle, comme un jeu de l’oie de l’économie circulaire, Mentimeter ou encore « Follow the things ». Durant la pause de midi, les jeunes ont préparé une excellente soupe aux betteraves, des salades et hummus à partir d’invendus alimentaires.

« VITO et d’autres instances ont déjà développé des jeux de plateau, mais ils sont souvent destinés à des personnes qui ont déjà des connaissances en matière d’économie circulaire. C’est pourquoi nous avons développé notre propre jeu à travers lequel chacun peut apprendre quelque chose, et pour lequel il ne faut pas avoir un diplôme en économie circulaire. L’impact de ce choix est ressorti lors de l’évaluation finale via Mentimeter, lorsque nous leur avons demandé ce qu’ils avaient retenu de l’économie circulaire et ce qu’ils trouvaient plus ou moins intéressant.

De mon côté c’était très intéressant de travailler avec un groupe multiculturel de jeunes enthousiastes (ou parfois moins enthousiastes), avec divers bagages, et observer comment ils apprennent ensemble mais aussi les uns des autres. »

Choix individuels et sentiment de culpabilité versus limites politiques

Une leçon que Wendy voudrait déjà vous partager est sa propre réflexion à la suite de la réaction de plusieurs jeunes pendant et après le jeu de l’oie.

« Ce jeu concerne surtout les choix que peuvent faire les citoyens pour rendre leur mode de vie plus durable ou circulaire. Dans notre société, nous sommes souvent renvoyés à notre propre responsabilité individuelle, alors qu’il ne s’agit peut-être pas de la solution ? Cet arsenal de choix que nous avons engendre un sentiment de culpabilité chez les individus.

Si tu manges comme ceci ou si tu prends trop l’avion tu n’es pas durable. Je pense que la plupart des gens reconnaissent ce sentiment de culpabilité. A plusieurs reprises j’ai entendu les jeunes plaisanter pendant le workshop, su le fait qu’ils devraient manger moins, manger de la terre ou tout simplement ne plus manger. Ce n’est bien sûr pas le but. Mon avis est qu’une transition rapide vers une Flandre (et un monde) plus juste, sans gaspillage se produira que si nos dirigeants se concentrent sur les limites structurelles (politiques, juridiques, etc.) au lieu de marteler que les individus devraient faire des choix plus durables. »

Ce n’est que le début…

Au cours des 6 prochains mois, les jeunes se mettront eux-mêmes au boulot. Ils apprendront davantage sur l’économie circulaire, mais découvriront aussi ce qui les intéresse. Parmi ce groupe, Wendy suivra trois jeunes sélectionnés afin d’avoir un aperçu des barrières et opportunités que rencontres les jeunes.

« Nous ne pouvons donc pas encore partager beaucoup de résultats et découvertes, mais tu peux nous suivre sur notre site web de C-Power. Tu peux aussi y télécharger gratuitement le jeu de l’oie sur l’économie circulaire. »

Êtes-vous lié à un projet circulaire à Leuven, Mechelen ou Bruxelles et ça vous dit d’impliquer un (ou plusieurs) de ces jeunes dans votre projet ? Ou vous connaissez des jeunes (18-25 ans) qui souhaiteraient participer à ce projet ? Ou vous connaissez des organisations de jeunesse à Leuven, Mechelen ou Bruxelles qui envisageraient un partenariat ? Contactez alors Lore Termont, coordinatrice du projetC-Power à l’adresse lore@samenlevingsdienst.be ou au numéro +32 478 59 95 06.